10:42 - July 16, 2017
Code de l'info: 3463625
Le 15 juillet en Turquie est le jour du coup d’état en 2016, organisé par des militaires, qui a contribué à de nombreuses évolutions politiques en Turquie et dans sa politique étrangère.
La Turquie après le coup d’état
Les responsables turcs estiment que ce coup d’état était le résultat de l’influence du courant de Fethullah Gülen, inspirateur du mouvement Gülen, qui avait réussi à infiltrer de nombreux centres gouvernementaux. Cela à contribué au renvoi et à l’arrestation de nombreux employés qui continuent actuellement, et à de sensibles évolutions dans le domaine international.

Fethullah Gülen (né le 27 avril 1941 à Korucuk, Erzurum, Turquie) se présente comme un partisan du dialogue et de la modération. En mars 1999, au moment où l'armée ouvre une enquête sur lui, il émigre aux États-Unis, officiellement pour raison médicale. Fethullah Gülen a créé de nombreuses écoles, universités et résidences universitaires dans le monde, qui ont été fermées après le coup d’état. Erdoğan en 2013, avait supprimé les aides financières à ce mouvement et à ses écoles, ce qui fut à l‘origine de la division entre le gouvernement turc et Fethullah Gülen. Le coup d’état manqué a été l’occasion d’un renforcement du pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan et du parti de la justice et du développement, et a rendu la lutte contre ce groupe, officielle et légale.  Les pouvoirs du Président ont doublé même dans le domaine juridique et législatif, et dans la lutte contre les opposants, et des dizaines de milliers de personnes ont été renvoyées dont 23000 universitaires et des centaines de journalistes, des dizaines de journaux ont été fermés pour « relations avec les terroristes », et une forte censure a été imposée. Après le coup d’état manqué, nous avons aussi été témoins de divisions entre le parti « Mouvement national » et le parti « de la justice et du développement », et les leaders du parti démocratique, soutenu par les Kurdes turcs, ont été arrêtés. 

Au niveau international, ce coup d’état manqué a influencé la politique étrangères de la Turquie notamment dans ses relations avec la Russie, la volonté d’un règlement de la question syrienne par le dialogue et d’un développement de ses relations avec l’Iran, ces deux pays qui avaient soutenu le gouvernement légal et condamné le coup d’état avant les États-Unis et les pays européens qui ont attendu son échec pour se prononcer. 

La Turquie et les États-Unis se sont aussi divisés sur la question des Kurdes soutenus par les Usa, et le refus des États-Unis d’extrader Fethullah Gülen qui prouve que les États-Unis étaient soit au courant du coup d’état soit directement impliqués. Les relations avec certains pays européens se sont aussi envenimées notamment avec les Pays bas qui ont interdit l’atterrissage du ministre turc des affaires étrangères, et la visite de la ministre des affaires familiales à Rotterdam, Recep Tayyip Erdoğan  accusant le gouvernement hollandais de « régime fasciste » et de « résidu du nazisme ». 

Le gouvernement turc avait aussi été très mécontent de la manifestation des Kurdes du PPK en Allemagne qui avait interdit la manifestation des partisans de Recep Tayyip Erdoğan au référendum.   

La rupture de certains pays arabes avec le Qatar malgré sa neutralité, a été l’occasion pour la Turquie de vendre ses produits au Qatar et a mis la Turquie en face de l’Arabie saoudite et de l’Égypte où la Turquie avait condamné le coup d’état contre Morsi. Si la responsabilité de l’Arabie saoudite n’a pas été prouvée dans le coup d’état de Turquie, il existe de nombreux indices qui montrent que l’Arabie saoudite était impliquée dans ce coup d’état. 

Finalement, il est clair que les évolutions après le coup d’état ont été nombreuses et méritent des discussions plus larges.   
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