9:43 - January 02, 2018
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Les dernières évolutions au Soudan et le voyage des délégations diplomatiques et militaires de Riyad et d’Ankara à Khartoum témoignent de la propension du Soudan à se rapprocher beaucoup plus de la Turquie que de son allié arabe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Khartoum, a rencontré le chef de l’État soudanais Omar el-Béchir et signé plusieurs accords bilatéraux, le 24 décembre 2017. ©AFP
Les tentatives de la Turquie de développer sa sphère d’influence sur le continent africain ont suscité de vives réactions du côté de l’Arabie saoudite et le journal saoudien Okaz, proche du prince héritier Mohammed ben Salmane, s’en est donné à cœur joie. La Turquie a inauguré en octobre dernier une base militaire en Somalie, initiative qui a alarmé Riyad, redoutant une atteinte à sa sécurité nationale due au développement de la présence militaire turque en Afrique.


Par ailleurs, la visite officielle, la première au Soudan pour M. Erdogan le 24 décembre dernier, qui intervenait dans le cadre d’une tournée dans la région qui l’a conduit au Tchad puis en Tunisie, a été déterminante pour l’avenir des relations turco-soudanaises. Depuis, l’axe Arabie-Émirats-Égypte vieille au grain et aiguise son œil américain.


Car c’est au cours de cette visite que le président turc a exprimé sa volonté de réhabiliter totalement l’île de Suakin au Soudan et d’en faire une destination touristique. « Elle a un très grand potentiel, car elle s’ouvre sur la mer Rouge. L’Agence turque de développement et de coopération (TIKA) a restauré deux mosquées et un bâtiment douanier sur l’île. La suite viendra. Notre volonté est de réhabiliter totalement l’île et d’en faire une destination touristique. En effet, sous l’Empire ottoman, c’était un port important du Hajj et de l’Omra avant de se rendre à Djeddah », a dit le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.


En effet, l’île de Suakin servait de point de passage des pèlerins africains vers la Mecque et constituait un lieu hautement stratégique sous l’Empire ottoman.


Si ce projet voyait le jour, le Soudan serait le troisième pays arabe où la Turquie installe une base militaire. Les bases turques en Somalie donnent sur le golfe d’Aden et au Qatar, sur le golfe Persique. Au Soudan, elle pourra exercer sa mainmise sur la mer Rouge. 


Après la réunion tripartite des chefs d’état-major turc, soudanais et qatari à Khartoum, le 26 décembre dernier, la première démarche de Riyad a été de dépêcher son vice-ministre de la Défense pour rencontrer son homologue soudanais. Un geste perçu comme les signes de nervosité des autorités saoudiennes.


L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis cherchent à accroître leur présence dans les pays africains. Au sommet du G5 Sahel qui s’est déroulé le 13 décembre à la Celle-Saint-Cloud, près de Paris, l’urgence sécuritaire abordée a fait que l'Arabie Saoudite a promis 100 millions de dollars et les Émirats arabes unis, 30 millions de dollars, pour la guerre contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. 

presstv

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