8:05 - March 07, 2018
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Pensant naïvement que ce qu’elle avait dans la tête était plus important que ce qui lui recouvrait la tête, une femme médecin égyptienne, installée en Allemagne, a perdu ses illusions en lisant le courriel cinglant que lui a adressé un établissement médical auprès duquel elle avait postulé pour un poste vacant.

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Après avoir attendu fébrilement la réponse de la Maison de Santé implantée à Alsdorf, son excitation fut de courte durée en apercevant l’email tant espéré s’afficher sur son ordinateur, laissant place à l’amère déception, teintée d’un profond sentiment d’injustice.


Cette généraliste égyptienne, qui a embrassé la carrière médicale par vocation, n’était pas sans savoir que les préjugés anti-musulmans sont particulièrement tenaces sur le Vieux Continent, et que la farouche hostilité contre le port du voile est constamment exacerbée d’un côté comme de l’autre du Rhin.


Mais elle était convaincue que la raison l’emporterait sur les polémiques passionnelles, et que ses compétences incontestables, conjuguées à son expérience probante, suffiraient à en faire la nouvelle recrue idéale. Son désenchantement n’en fut que plus cruel lorsqu’elle réalisa que sa blouse blanche ne l’immunisait pas contre l’ostracisme ambiant.


Un ostracisme qui frappe durement et met à l’index sans prendre de gants. « Pourquoi avez-vous répondu à notre demande d’emploi ? Il n’y a pas de place pour vous avec votre hijab dans cette zone de banlieue. Réfléchissez un peu avant d’envoyer votre candidature », c’est en ces termes acerbes, blessants et suintant l’islamophobie primaire que la direction du centre médical d’Alsdorf l’a rejetée comme une paria, brisant ses espoirs en mille morceaux.


Le choc passé, cette femme médecin a décidé de ne pas subir la violence du racisme ordinaire qui aurait tôt fait de la reléguer au rang de pestiférée, mais d’agir concrètement pour le combattre, en s’appuyant sur la loi anti-discrimination en vigueur. Encore sous le coup de l’émotion, elle a toutefois trouvé la force de porter plainte, sûre de son bon droit.


Bien lui en a pris, puisque la police allemande a fait preuve de compassion à son égard, comme l’a confirmé Abdul Rahman Ashour, chef du syndicat des médecins égyptiens en Allemagne, au HuffPost Arabic, qui était venu la soutenir dans sa démarche.


Loin d’être un cas isolé, la discrimination flagrante et totalement décomplexée subie par cette femme médecin voilée s’est déjà abattue sur d’autres consoeurs musulmanes, mais cette fois-ci nées en Allemagne. Comme elle, elles étaient persuadées que le discernement triompherait de la déraison, et que leurs concitoyens, collègues ou employeurs finiraient par se rendre à l’évidence : le voile qui couvre leur tête ne phagocyte nullement les neurones, et c’est bien là l’essentiel.

oumma

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