8:05 - November 09, 2018
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Dans un communiqué, Facebook admet n’avoir « pas fait assez » pour empêcher que sa plateforme ne serve à propager des discours de haine contre les Rohingyas en Birmanie.

Pendant des années, des militaires ont créé de faux profils et des pages Facebook pour diffuser des « fake news » sur les Rohingyas, des propos haineux ainsi que des messages expliquant que l’Islam était une menace pour le bouddhisme.

En août, Facebook a fait fermer 52 pages et les comptes de 19 responsables politiques. Une centaine de personnes parlant la langue birmane a aussi été embauchée pour trier les messages publiés. Une prise de conscience un peu tardive…

Depuis le début de l’année, cette responsabilité indirecte du réseau social dans le nettoyage ethnique des Rohingyas est pointée du doigt, notamment par une enquête du New-York Times mais aussi par un rapport de l’Institute for War and Peace reporting (IWPR).

Finalement, Facebook a enfin reconnu dans un communiqué du 5 novembre, que son réseau « a été utilisé pour attiser la violence en Birmanie, car il a permis à des groupes organisés de mettre en œuvre des attentats sectaires contre les Rohingyas, minorité musulmane du pays ».

« Avant cette année, nous n’avons pas fait assez pour empêcher que notre plateforme ne serve à envenimer les divisions et à provoquer des violences physiques. Nous admettons que nous pouvons et devons faire plus », est-il également écrit dans le communiqué.

Ces déclarations sont accompagnées des résultats d’une enquête commandée par Facebook, suite aux accusations notamment formulées par les Nations Unies.

Ce rapport, réalisé par l’ONG indépendante Business for Social Responsibility (BSR), mesure les conséquences des messages de haine et adresse aussi des recommandations pour la modération des contenus. L’objectif : que cette propagande ne se reproduise pas pendant les législatives birmanes de 2020 et qu’elle ne conduise pas à de nouvelles violences ethniques et religieuses.

Ces élections « vont sûrement cristalliser les discours haineux, les actes de harcèlement, la désinformation, l’incitation à la violence, entre autres actions visant à saper le processus politique », met en garde l’ONG BSR.

lemuslimpost

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