Ils ne poussent pas encore comme des champignons dans le paysage urbain, mais c'est en bonne voie : les restaurants japonais qui affichent des plats halal au menu commencent à fleurir à Tokyo, désireux de satisfaire les papilles des touristes musulmans, majoritairement en provenance d’Indonésie et de Malaisie, dont l’engouement pour leur contrée ne se dément pas depuis 2003.
Ainsi, il n’est plus rare de voir les
restaurateurs du terroir mettre les petits plats dans les grands pour complaire
aux exigences d’une clientèle musulmane en recrudescence, en espérant décrocher
la fameuse certification, gage d’une cuisine traditionnelle concoctée à la
sauce halal.
Afin d’obtenir le label de plus en plus convoité, des sociétés à but non
lucratif ainsi que des entreprises privées ont vu le jour en vue de proposer
leurs services aux établissements hôteliers et de restauration du Japon. La
société Malaisie Halal Co. Corporation basée à Tokyo et dirigée par Abou Hassan
Akmal, un musulman malais de 42 ans, fait partie de celles-là. Depuis sa
création en 2010, la structure a émis ses propres certificats halal pour six
hôtels et huit restaurants nippons, en vérifiant si leurs plats, incluant les
assaisonnements et les additifs, étaient bien mitonnés conformément aux règles islamiques, y
compris la manière dont les ingrédients étaient conservés. Les hôtels
certifiés par l'entreprise sont dorénavant habilités à fournir des informations
sur la"qibla", la direction de la Mecque pour la prière, ainsi que
sur les restaurants halal.
Pas moins de 17 restaurants dûment certifiés halal ont ainsi renouvelé leur
carte dans la localité de Taito Ward, grâce à des subventions allouées par la
municipalité qui leur ont permis de supporter le coût financier engendré. "Lorsque
vous voyagez, vous voulez naturellement découvrir les beautés du pays où vous
séjournez, mais aussi goûter ses spécialités culinaires. Ici, à Taito Ward, les
plats du terroir sont délicieux et nous étions frustrés de ne pas pouvoir en
faire profiter les touristes musulmans", a déclaré le
directeur du tourisme, Takuji Kwai, heureux d’avoir réussi à pallier ce
problème en se donnant les moyens de diversifier une offre culinaire qui était
jusqu'à présent l'apanage des restaurants indiens.
"Le
Japon n’est pas un pays musulman et le marché du halal n’en est qu’à ses
frémissements", a commenté pour sa part le président du
Comité Japon Expo halal, Yoshichika Terasawa, en prédisant néanmoins l’essor de
cette niche économique au vu du nombre croissant de touristes musulmans qui
s’offrent volontiers une escale de dépaysement au pays du Soleil Levant.
oumma