8:42 - May 09, 2017
Code de l'info: 3463031
Après le football, le judo ou le beach-volley, le basket autorise à son tour les femmes musulmanes à porter un voile pendant les matchs. Une nouvelle réglementation qui montre l’évolution de la place des signes religieux dans le sport.
Le voile islamique progresse sur les terrains de sport
La fédération internationale de basket (FIBA) a tranché : les basketteuses musulmanes pourront désormais jouer voilées. Réunie en congrès à Hong Kong les 4 et 5 mai, l’instance avait entamé un processus de révision de son règlement en septembre 2014 pour autoriser les « accessoires vestimentaires servant à se couvrir la tête ».

Cette nouvelle règle ne concerne donc pas uniquement le port du voile pour les musulmanes, mais également celui de la kippa pour les juifs et du turban pour les sikhs, même si les femmes voilées sont les premières visées – le communiqué de la FIBA ne mentionnant que les « joueuses ».

Lors des Jeux asiatiques de 2014, le Qatar avait retiré son équipe féminine de la compétition car le port du voile n’était pas autorisé pour des raisons de sécurité. Le pays avait ensuite qualifié « d’insulte » cette interdiction.

La sécurité est d’ailleurs au cœur des préoccupations de cette nouvelle réglementation, considérée comme la « reconnaissance des différences culturelles au niveau vestimentaire dans certains pays » mais aussi « développée de telle manière qu’elle minimise le risque de blessure », selon la FIBA.

L’accessoire ne devra donc cacher aucune partie du visage et ne comporter « aucun élément de fermeture autour du visage et/ou du cou ».

Judo, karaté, football : d’autres sports ont franchi le pas
La fédération de basket n’est pas la première instance sportive à poser la question du port d’un signe religieux pendant les matchs.

Ainsi, en judo, c’est le refus de la judoka saoudienne Wodjan Sharkani d’enlever son hijab avant de monter sur le tatami aux Jeux olympiques de Londres en 2012 qui avait poussé la Fédération internationale de judo à s’interroger. Elle avait finalement autorisé l’athlète saoudienne à combattre coiffée d’un bonnet.

De même, en beach-volley, le bikini n’est plus incontournable depuis l’assouplissement des règles d’habillement par la fédération en 2012, notamment pour promouvoir le sport à l’étranger et dans des pays où cette tenue pouvait choquer. L’argument de l’accessibilité au sport renforcée par l’autorisation du port du voile est souvent mis en avant par les fédérations.

Pour d’autres, ces décisions vont à l’encontre de la charte des Jeux olympiques, qui prohibe toute « démonstration ou (…) propagande politique, religieuse ou raciale ».

Mais le voile islamique dans le sport peut également être une occasion de se lancer dans un nouveau marché. Profitant de l’absence d’interdiction formelle du voile par la fédération internationale d’athlétisme, l’équipementier Nike a ainsi conçu un nouveau produit à destination de ces sportives voilées, le « Nike Pro Hijab », élaboré avec une ancienne haltérophile et une patineuse des Émirats arabes unis.

« La façon dont [les femmes musulmanes] s’habillent relève de leur choix. Ce hijab sportif va encourager une nouvelle génération d’athlètes à tenter de devenir sportives professionnelles », a déclaré l’haltérophile émirienne Amna al-Haddad sur Instagram pour promouvoir le produit, qui sera commercialisé début 2018.

Enfin, les décisions prises par les fédérations sportives internationales n’engagent pas nécessairement les instances nationales : ainsi, même si la Fédération internationale de football (Fifa), a autorisé le port du voile sur les terrains, la Fédération française demeure ferme sur le sujet.

« Que cela constitue un progrès dans certains pays, d’accord, parce que certaines jeunes filles pourront ainsi jouer au foot », déclarait Noël Le Graët, président de la FFF, en 2014. « Dans nos compétitions nationales, la France accepte tout le monde à condition que soient respectées cette neutralité et cette laïcité. »
La-croix

Prénom:
Email:
* Commentaire: