7:44 - September 08, 2017
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A l’heure où le vernis brillant de Aung San Suu Kyi se craquelle de toutes parts, sous le feu nourri de critiques qui fustige son cynisme sans nom, allant jusqu’à appeler à lui retirer un prix Nobel de la paix qu’elle déshonore par son inertie coupable face au génocide commis contre les Rohingyas, le documentaire réalisé par Barbet Schroeder, intitulé « Le Vénérable W. » et présenté au dernier Festival de Cannes, prend aujourd’hui une résonance particulière.
Sortie d'un film sur le chef du terrorisme bouddhiste
Dans ce troisième volet de sa « trilogie du mal » sorti en salles le 7 juin, le réalisateur suisse révèle au grand public la face sombre du « Visage de la terreur bouddhiste », comme le titrait le magazine Time en 2013, sous les traits du tristement célèbre moine birman, Ashin Wirathu.
Fanatisé à l’extrême, ses violents prêches islamophobes martelés à toutes les tribunes, exhortant sans relâche à la « défense de la race » et à faire couler le sang, ont conduit à l’insoutenable épuration ethnique subie par la minorité musulmane de Myanmar, pacifique et sans défense.

Le visage défiguré par la haine, Ashin Wirathu apparaît à l’écran dans toute son horreur, multipliant les références à Donald Trump, un autre artisan de la haine version américaine, tout en alertant le monde sur le « péril vert » avec le sourire sardonique d’un tribun fielleux, sûr de son fait dans le climat islamophobe ambiant, qui se rêvait un grand destin.

Il semble qu’il y ait eu un avant et après Festival de Cannes pour le moine bouddhiste sanguinaire puisque, trois jours après la diffusion du film de Barbet Schroeder en séance spéciale, son mouvement extrémiste Ma Ba Tha (Association pour la protection de la race et de la religion) était interdit en Birmanie.

Malheureusement, force est de constater que cette interdiction de pure forme, obtenue sous la pression internationale, n’a nullement réfréné les ardeurs exterminatrices de la junte au pouvoir, sous le regard complice de la conseillère spéciale de l’Etat et porte-parole de la présidence, Aung San Suu Kyi. Celle-ci se discrédite chaque jour un peu plus, en s’enferrant dans un déni – « un iceberg de désinformation » selon sa piètre défense – qui est au moins aussi effroyable que le sont les massacres génocidaires perpétrés contre les Rohingyas.
oumma
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